La génèse
Inspiré des fours Anagama japonais, le four à bois de Pascal Verchère a été construit en 1984 à Ambierle. Il mesure environ 5 mètres de long et est composé de plusieurs parties : un alandier avant, une grande marche, un alandier au milieu, une autre grande marche plus étroite, et un mur ajouré qui sépare la dernière marche du conduit menant à la cheminée de 4 mètres de hauteur avec un registre horizontal à moitié de sa hauteur. Un conduit d'air froid réchauffé par les braises débouche dans l'alandier du milieu, permettant une circulation optimale de la chaleur. Il a nécessité 1 année de construction à 5 personnes et a plusieurs fois été amélioré au cours des quatre dernières décennies. La toiture a entièrement été refaite en 2006.
La première étape
Les sculptures et autres pièces de grés sont réparties avec soin au fond du four. Il faut maintenir un espacement régulier pour laisser la chaleur envelopper correctement chaque pièce, tout en optimisant l'espace pour que toutes les sculptures puissent tenir. En effet, les cuissons ont lieu jusqu'à deux fois par an maximum et demandent des efforts très importants associés à des coûts élevés.
Le relai du feu
La cuisson est un travail de longue haleine. Quatre jours et trois nuits sont nécessaires en général, durant lesquels sept à huit personnes (amis et professionnels) se relayent (toutes les six ou sept heures) pour alimenter le four avec sept stères de bûches de chêne et de résineux, spécialement stockées à proximité, afin de maintenir la température désirée. Le bassinage permet de préchauffer le four les pièces pendant les deux premiers jours. Le petit feu et le moyen feu se succèdent sur les deux jours suivants. Enfin, le grand feu provoqué par le remplissage complet de l'ouverture par du bois fendu très fin permet d'atteindre la température optimale de 1300 degrés. La forme oblongue du four Anagama et ses matériaux de construction permettent une excellente rétention et répartition de la chaleur. Les sculptures passent par différents stades, s'assèchent, se solidifient et s'imprègnent parfois de cendres, ce qui offre un rendu de texture et de couleurs unique et parfois inattendu.
La découverte des pièces
Après quatre jours de cuisson, il faut laisser refroidir le four pendant près d'une semaine. La température intérieure est encore de 50 degrés. L'ouverture principale est dégagée, brique par brique, afin d'extraire l'équivalent d'une demi-brouette de cendres pour enfin accéder aux pièces qui sont sorties du four avec précaution. Elles ont désormais leur aspect définitif et une solidité qui permet leur manipulation.








Dossier d'argile n°9 ISBN : 2-909558-19-2 - Editions ARgile Pascaline et Camille VIROT - Avril 2001



